Triathlon – Triathlon – Championnats du monde 2020: la startlist de la course femmes

TRIATHLON – Confinement, calendrier, JO, médiatisation de son sport, Pierre Le Corre a répondu à nos questions. Double champion d’Europe en 2018 à Glasgow (individuel et relais mixte), le Breton d’origine a un objectif en tête: la qualification pour les JO de Tokyo.

Pierre, comment se déroulée votre période de confinement? L’avez-vous bien vécue?

Ça s’est plutôt pas mal passé. J’étais confiné dans les Landes où j’ai pu m’entraîner. C’était assez calme, et assez paisible, loin de la cohue des centres-villes. J’ai pu courir autour de chez moi, il y avait aussi le home-trainer connecté aux plateformes comme Zwift, et j’avais accès à un bassin dans mon jardin. C’était plutôt pas mal.

En parlant de Zwift, on a vu que vous étiez plutôt actif sur cette plateforme. On sait que par exemple, elle a ses partisans dans le milieu du cyclisme et au contraire, ses détracteurs. Qu’est-ce que vous pensez de ce genre d’application?

Personnellement, je pense qu'il n'est même pas de débat! Pour moi, c’est très intéressant, cela amène une nouvelle dimension au vélo, mais aussi au triathlon. C’est un jeu plus qu’autre choisi. Après, il y a des cours qui ont lieu, mais celles-ci doivent être récréatives plutôt que compétitives, sans enjeux. C’est vrai qu’il peut y avoir des différences entres les différents capteurs, mais si on reste bon enfant dans un état d’esprit sain, je pense qu’on à gagner à utiliser ces nouvelles technologies. Je trouve que cela permet de rester connecté avec les gens, tout en faisant quelque chose de différent.

À titre personnel, j’ai fait quelques cours sur Zwift, je sais que mes capteurs sont assez durs. Au final, ça me permet de me comparer à moi-même et de m’améliorer, mais je n’essaye pas de me comparer aux autres. C’est une autre approche du vélo.

Après le confinement, avez-vous pu reprendre l’entraînement normalement dès le 11 mai?

Oui, sur un pu reprendre en extérieur pour la course à pied et le vélo. Par contre, on n'a pas eu tout de suite accès aux bassins, on a donc nagé dans les lacs durant quasiment deux mois. Les piscines ont finalement ouvert petit à petit, et on peut s’entraîner comme avant.

Avez-vous des étapes prévues dans les prochaines semaines?

Oui, je pars pour Font-Romeu (Pyrénées-Orientales) dans cinq jours (samedi 4 juillet). Personnellement, j’habite à Montpellier, et c’est un peu trop chaud pour moi l’été. Ça permet d’avoir un peu de fraîcheur et un sommeil de meilleure qualité. C’est aussi un centre d’entraînement qui permet de profiter des bénéfices de l’altitude. C’est vraiment un passage obligé pour les sports d’endurance.

Pierre Le Corre, champion d'Europe en 2018 à Glasgow – Getty Images

Parlons calendrier. En cherchant bien, il y a très peu de communication concernant les différentes compétitions. Hormis pour le circuit WTS avec le reportage de l’étape de Montréal aux 3 et 4 octobre, avez-vous plus d’informations de votre côté?

Il y a très peu d’informations car on en a peu nous aussi. Aujourd’hui, il y a deux WTS qui sont maintenus: Hambourg (Allemagne) les 4 et 5 septembre, et donc Montréal (Canada). Concernant les Grands Prix, il doit y en avoir deux, peut-être trois. Ensuite, il y a aussi la Super League (circuit privé) qui devrait reprendre. Mais c’est vrai que c’est encore très flou. Les différents organisateurs tentent d’obtenir les autorisations nécessaires, tout en sachant il peut toujours y avoir des annulations. C’est aussi pour cela il y a peu de communication, il n’y a pas de prise de risque.

Toujours à propos du calendrier, les JO de Tokyo ont été reportés d'un an. Vous êtes trois triathlètes dans la course pour décrocher les deux derniers billets. Est-ce que ce rapport va changer quelque chose pour vous en termes de sélection pour l’événement?

Non, ça ne change rien, si ce n'est que le calendrier WTS 2020 est reporté d'un également. On aura donc exactement le même début de saison que celui prévu cette année. La seule différence, c’est qu’il n’y a pas plus de critères objectifs pour la sélection. Avant, il y avait trois types de critères: les critères de premier rang, deuxième rang et troisième rang. Vincent Luis a réalisé un critère de premier rang, tandis que Léo Bergère, Dorian Coninx et moi-même avons coché un critère de deuxième rang. Désormais, il s’agit uniquement de critères subjectifs, c’est-à-dire selon l’appréciation du sélectionneur.

Paris 2024, c’est dans quatre ans. Vous aurez 34 ans à l’aube des Jeux Olympiques à domicile. Envisagez-vous d’y participer en tant qu’athlète?

Pour le moment, je ne me projette pas en 2024. C’est quelque chose qui fait forcément rêver. Mais je vais déjà essayer de me qualifier pour Tokyo et y performer. Je réfléchisai à Paris 2024 un peu plus tard. C’est vrai que c’est très dur pour nous de se projeter à long terme, surtout moi à mon âge, tout en sachant que beaucoup de jeunes arrivent. Après, si j’ai les capacités pour y aller, je ne dirai jamais non. En tout cas, l’envie est là.

L’an dernier, après le titre mondial de Vincent Luis, il y a eu un petit coup de projecteur sur le triathlon. Quel regard avez-vous sur la médiatisation de la discipline en France?

C’est vrai que depuis quelques années, le triathlon est de plus en plus médiatisé. Avec le circuit WTS sur La Chaîne L’Équipe, les championnats d’Europe et les JO sur France Télévisions, les athlètes sont de plus en plus populaires, notamment sur les réseaux sociaux. On a la chance d’avoir une belle communauté autour de nous, des gens qui sont fidèles à notre pratique. Et puis, il y a de plus en plus de monde qui pratique notre discipline, en France et dans le monde. Le triathlon est un sport dans l’ère du temps, car la natation, le cyclisme et la course à pied le sont aussi.

Je crois qu'on n'est pas à plaindre, et si notre sport est de plus en plus populaire, c'est aussi grâce aux bonnes performances de l'équipe de France, et notamment au titre de champion du monde de Vincent (Luis ). D’ailleurs, je pense qu’il aurait pu être beaucoup plus médiatisé, car ce qu’il a fait, c’est quelque chose d’assez énorme. Il méritait un peu plus de reconnaissance des grands médias. En tout cas, je pense que globalement, c’est sur la bonne voie.

Dernière question, toujours en lien avec la médiatisation. Nombreux sont les suiveurs à trouver le triathlon très «télégénique», à l’instar du biathlon, grâce aux formats variés, sans temps morts. Avez-vous même ce regard?

Selon moi, ce qui rend le sport télégénique, c’est aussi le fait de (re) connaître les athlètes. Par exemple, quand on regarde le Tour de France, on est capable de s’asseoir des heures devant une étape durant laquelle il ne se passe pas grand choix, juste pour reconnaître les coureurs que l’on apprécie. Pour moi, c’est aussi ça qui rend le sport télégénique.

Après, il y a aussi un gros travail de la Fédération internationale (ITU), mais aussi de la Super League qui est un circuit privé et qui rend vraiment le triathlon de plus en plus télégénique, avec un système de points et plusieurs formats, sans aucun temps mort.

Dicodusport

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